J.B. BIOT fut le premier a convaincre la communauté scientifique que des pierres pouvaient tomber du ciel et venir de l'espace. C'est justement grâce à la chute de L'Aigle et aux nombreux témoignages recueillis qu'il put y arriver.
Nous marchons donc dans les pas de cet homme qui avait compris l'importance capitale des météorites pour la science. Certes, découvrir une pierre de L'Aigle, 190 années après sa chute, reste peu probable. Comme je l'expliquais sur la page précédente, distinguer une météorite oxydée des autres cailloux terrestres devient de plus en plus délicat au fil du temps... Et à ma connaissance, aucune autre pierre de cette chute n'a été retrouvée depuis le ramassage systématique de BIOT. Un jour peut-être, un prospecteur chanceux se baissera pour ramasser un caillou inhabituel qu'il aura soupçonné d'être une météorite de la chute de L'Aigle...
Pourquoi utiliser un détecteur de métaux ? Les météorites contiennent beaucoup de fer. Elles sont donc magnétiques. Une chondrite tombée à L'Aigle peut donc logiquement être découverte grace à un détecteur si elle a une taille respectable (une centaine de grammes, au moins). L'utilisation d'un tel appareil est donc intéressante lorsque l'on est sur un point de chute. Si une pierre est un peu enfouie, et donc invisible pour le chercheur, le détecteur permettra de la mettre à jour. Par contre, en dehors d'une ellipse de chute, la recherche de météorites avec "une poile à frire" est une vraie loterie... Une chance de gagner sur des millions d'objets déterrés...
Mais aller à L'Aigle lorsque l'on est collectionneur, c'est un peu comme faire un pélerinage. On se retrouve sur les traces de BIOT, l'homme qui a convaincu le monde entier que les pierres qui y étaient tombées venaient du Cosmos...
Ces deux journées passées sur place nous ont conforté dans nos convictions: la collection de météorites doit rester une priorité.



