Voici la photo de l'immense plaine au dessus de laquelle
AL HAGGOUNIA 001
a explosé et s'est disloquée avant de s'abbatre sur le sol en une myriade de fragments.
Des millénaires plus tard, grâce à la stabilité du terrain et à une hydrométrie raisonnable dans cette région semi désertique, la météorite est toujours là.
A noter que cette chute se révèle être aussi abondante que la célèbre ALLENDE, tombée au Mexique en 1969.
Cette découverte assez récente est donc une excellente opportunité pour les collectionneurs. Il est possible (pour quelque temps encore) d'acquérir des fragments de belle taille de ce rare type de météorite !
HISTOIRE D'UNE CLASSIFICATION
Il y a eu une controverse durant des années concernant la classification d'Al Haggounia 001...
En fait, à la base, il s'agissait plutôt d'une querelle entre scientifiques.
Les premiers fragments de cette météorite ont été ramassés il y a déjà longtemps (en 1999) dans le Sahara Occidental (Maroc).
Sous les premiers numéros NWA, cette météorite fut classée en chondrite à enstatite, EL6 ou E6.
Puis, la NWA 2736 a été classifiée en aubrite par un labo américain.
Du coup, cela a donné un regain d'intérêt aux marocains qui ont prospecté plus intensément à partir de ce moment là.
Albert Jambon a reçu de son coté les échantillons de Philippe Thomas, d'Ali Hmani et de Frédéric Béroud. Puis il a décidé de faire une déclaration commune afin d'éviter d'avoir x numéros pour la même météorite.
La NWA 2828 de Hupé a par la suite été également déclarée en aubrite par un labo américain.
Hupé n'avait peut-être aucune idée de la provenance de la météorite et a dit qu'elle provenait de Mauritanie ou d'Algérie... La NWA 2965 fut, elle, déclarée en EL6/7... Provenance Algérie...
A ce moment là, Albert Jambon décida de se rendre sur place, à Al Haggounia, au Maroc (toutes les personnes bien renseignées connaissaient le site...) accompagné d'autres scientifiques afin d'analyser la structure du terrain, le dater, et étudier la chute en elle-même.
Un fois sur place, il a déterminé l'ellipse de chute et ramassé beaucoup de spécimens.
Il a ensuite fait une analyse fine de tous les échantillons qu'il avait reçu ou trouvé lui-même sur place.
Sa conclusion, ainsi que celle de toute son équipe, fut que cette météorite altérée était une "aubrite".
Entre-temps, le labo américain qui avait classé la NWA 2828 de Hupé en aubrite était revenu sur sa décision, indiquant qu'il s'agissait en fait d'une EL3 (car dans un des échantillons d'Hupé, ils avaient trouvé un chondre...) et que c'était une météorite fossile...
Au regard des analyses et de l'âge du terrain sur lequel elle a été trouvée, ce n'est absolument pas une météorite fossile !... Albert Jambon a, entre autre, expliqué que le fait de trouver un ou plusieurs chondres ne la classe pas automatiquement dans les chondrites. Il y a beaucoup d'achondrites avec des chondres, c'est peu connu mais c'est un fait. Chassigny, par exemple, possède des reliques de chondres...
De plus, il ne faut pas oublier que le corps-parent présumé des chondrites et achondrites à enstatite est probablement différent, avec un isotope de l'oxygène identique...
La météorite est classée officiellement depuis septembre 2007 en achondrite aubrite,
et a été publiée ainsi dans le Meteoritical Bulletin N°92.
http://tin.er.usgs.gov/meteor/metbull.php?sea=Al+Haggounia&code=44857
Fin de la polémique.