Ce qui a mis la puce à l'oreille des scientifiques, ce sont d'étranges météorites de type achondrite (basaltes) trouvées en Antarctique dans les années 70. Très vite, la comparaison faite avec les roches lunaires rapportées par les missions "Apollo" a permis d'effacer le doute: ces météorites étaient bel et bien d'origine lunaire ! Idem pour des achondrites que l'on suspectait de provenir de Mars. Les sondes et petits rovers circulant sur la planète rouge depuis quelques décennies (Viking - Spirit et Opportunity) ont analysé le sol et trouvé sur place des roches absolument identiques.
A ce jour (septembre 2009), on compte 53 chutes observées et trouvailles de météorites martiennes (dont plus d'une trentaine hors Antarctique), et 65 de lunaires (toutes des trouvailles, dont plus d'une quarantaine hors Antarctique), découvertes aux 4 coins de la planète. La plaque polie présentée ici est une tranche complète de la météorite baptisée "SaU130" découverte dans le désert du Oman en janvier 2004. Elle est classée "achondrite Shergottite" d'origine martienne. Pour pouvoir arriver sur Terre, il a fallu que Mars subisse l'impact d'un gros astéroïde, éjectant violemment dans l'espace des fragments de sa surface. Après des millions d'années d'errance, un fragment a croisé l'orbite de notre planète et s'y est écrasé...
Mars étant deux fois plus petite que la Terre, sa vitesse de libération (nécessaire pour échapper à la gravité martienne) est bien inférieure à celle de la Terre. Du coup, l'éjection en est facilitée. Quant à la Lune, encore plus petite, la gravité mesurée n'est que de 1/6ème de celle de la Terre. Un homme de 80 Kg n'y pèserait que 13 Kg...
En partant de ces constats, vu la proximité de la Lune, les pierres d'origine lunaire devraient donc être découvertes sur Terre en plus grand nombre que les martiennes. En fait, c'est aujourd'hui le cas, et les lunaires sont sans doute encore beaucoup plus nombreuses dans la réalité. Mais si leur chute n'est pas observée (ça n'a jamais été le cas pour les lunaires), les agressions du temps les rendent très vite indissociables de nos cailloux terrestres... Les reconnaître devient un véritable travail d'expert, d'autant qu'elles ne sont quand même pas si nombreuses que cela à attendre d'être reconnues...
Les météorites lunaires et martiennes sont les roches les plus rares et les plus exotiques sur notre planète, infiniment plus rares que le diamant, et donc bien plus précieuses...




